Chroniques du morne Karaté
Chroniques du morne Karaté

La littérature haïtienne

Evidemment, j'ai largement fréquenté la littérature haïtienne avant, pendant et après l'écriture de ce roman, dans lequel il s'en fait entendre des échos, d'autant plus que je serais ravi d'amener par Avel à la lecture d'oeuvres haïtiennes. Aucun roman particulier n'a cependant eu, me semble-t-il, plus d'importance que les autres pendant que je faisais ce travail, et comme le texte cite les auteurs que je recommande (Jacques Roumain, Jacques-Stephen Alexis, René Depestre, Emile Ollivier, Dany Laferrière, Lyonel Trouillot, Yanick Lahens, Frankétienne, Gary Victor, Edwige Danticat...), je ne tiens pas spécialement à en dire plus sur la question et laisse le champ libre à votre curiosité.

 

Cependant, il me faut reconnaître un vol, celui d'un personnage de Laferrière, Vava, ou plutôt d'un nom, car ma Vava, euh, je veux dire celle de Romario, est tout de même très différente de celle qui donne la fièvre à Vieux Os, et je n'ai évidemment aucune excuse à faire sachant d'ailleurs que Vava est un surnom, un diminutif qu'on attribuerait aussi bien à des Valérie qu'à des Valentine, Valentina, Vanina, que sais-je encore...

 

Et puisque nous y sommes, pourquoi ne pas évoquer d'autres auteurs dont la fréquentation enrichit tout autant: l'un des précurseurs d'abord, Fernand Hibbert, qui croque les élites haïtiennes, au début du XXème siècle, avec une ironie toute flaubertienne, dans plusieurs ouvrages (Séna, Les Thazar, Les Simulacres, Le manuscrit de mon ami...) Ce dernier titre est accessible en numérique sur chapitre.com, d'autres suivront sans doute.

L'autre nom, c'est Roger Dorsinville, dont la vie et l'oeuvre se sont partagées entre Haïti et plusieurs pays africains (Sénégal, Libéria...). Les noms que j'ai cités plus haut, ceux qui figurent dans le roman, ont tous acquis une certaine notoriété qui, me semble-t-il, manque, et très injustement, à Roger Dorsinville. Je ne l'ai découvert qu'après le point final d'Avel, lacune à peine avouable, et suis impressionné par son ton humaniste, libre, et une écriture précise, parfois expérimentale. Il me reste d'ailleurs à découvrir plusieurs titres, mais je peux d'ores et déjà recommander Mourir pour Haïti (malgré un  titre peu enthousiasmant), Renaître à Dendé, Les Vèvès du Créateur, Gens de Dakar. Malheureusement, il dot être assez difficile de trouver ces titres en France, sachant qu'ils ne sont publiés actuellement qu'en Haïti. Mais c'est possible par le net.

Persévérez.

Porte d'entrée vers le monde du gars Eric (Téhard)